N°6 Démarche pour marcher

On a compris, au fil des mois, que les subventions ne pleuvaient pas. Même pas un petit crachin, du genre léger, mais qui mouille un peu. Non, rien, sécheresse absolue.

Du coup, les annonceurs étaient notre seule source de revenus. Sauf que, vendre un magazine qui n’existe pas encore et qui propose un concept novateur quand on a absolument aucune formation … Bah… C’est pas facile facile ! Le démarchage, en fait, c’est même sacrément compliqué.

D’abord, faut trouver les marques que l’on est susceptible d’intéresser. Jusque là, ça va.

Ensuite, faut trouver la bonne personne, celle en charge de la communication et des budgets médias. Déjà, là, c’est moins simple.

Après, faut réussir à la joindre. Et alors là, c’est carrément le parcours du combattant. Faut réussir à passer l’accueil ou le standard, réussir à parler au responsable, et capter son attention en moins de 1 minute. Et ça, c’est quand tout se passe bien, quand il n’est pas en réunion, en déplacement, occupé, « rappelez-moi » « je vous recontacte » « oui, oui, pourquoi pas, mais bon, faut voir » « mmmmm.. mmm.. SI SI je vous écoute ! », mais en fait non, ils ne nous écoutent pas. Je suis sûre que l’épreuve des poteaux de Koh Lanta, à côté, c’est un jeu d’enfants.

Et puis aussi, y’a toutes les fois où on vous raccroche au nez, où on vous insulte, sans raison apparente. Croyez-moi, quand on démarche (sans expérience ni véritable talent), faut pas être trop susceptible. Sinon, l’estime de soi en prend un coup. Ou deux. Ou trois. Ou quatre… D’ailleurs, au bout d’un moment, on ne compte plus. C’est mieux comme ça.

Après, y’a les ascenseurs émotionnels. C’est peut-être ça, le plus compliqué, finalement. Quand on croit que c’est bon, et puis en fait non. Quand on se couche le cœur léger, qu’on a envie de célébrer, et qu’on se réveille le cœur lourd, qu’on a envie d’arrêter.

Sauf qu’on le fait pas. Parce qu’on peut pas. Parce qu’on veut pas. Alors on s’arme de courage et on recommence. On décroche son téléphone. On se sappe, on tente de se vieillir un peu, et on se déplace.

Et puis parfois, ça paie. À force d’acharnement, nous avons réussi à des contrats. Alors on s’est lancées. On a décidé d’une date de parution. Y’avait plus qu’à.

 

IMG_4074

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s